samedi 1 avril 2017

Zacharie rencontre J.S.Bach

J’ai écrit les paroles pour une composition musicale bien connue de J.S.Bach. Cette pièce de musique mignonne est une sorte d’invention à deux voix mais elle est mieux connu par le nom canon cancrizans (crab canon). La pièce se compose de 18 mesures. Elle a la forme de palindrome telle que la progression de notes des neuf premières mesures est symétrique à celle des neuf dernières mesures. Quoiqu’une moitié des thèmes des deux voix se produit de l’autre moitié, elle est plus d’une répétition rétrograde. Les deux moitiés ont leurs propres caractères. Il est possible de jouir de la pièce, même sans étant conscient de cette technique curieuse avec quelle Bach a voulu jouer en la composant. 

Les thèmes musicaux des deux voix sont différents. La première voix est plus haute et vite tandis que la seconde est lente. Pour chanter, les voix ont besoin des paroles appropriées. J’ai écrit deux petits poèmes. Ils sont du thème commun: Zacharie amoureux. Le poème pour la première voix exprime l'état des choses de Zacharie franchement, cet autre accompagne du’n ton romanesque. Seulement les poèmes en langue d’origine, finnois, sont palindromes. 

Rakastunut Sakarias Zacharie amoureux

Oo…, sai rakastunut Sakarias sinua Oh, c’est toi avec qui
kas sinua unissa, kaunis dans ses rêves Zacharie
Sinua, kas sinua unissa, kaunis amoureux, belle et bien,  
 Sinua, kas sinua unissa, kaunis a couché. Mieux que rien.
sai rakastunut Sakarias, oo… Oui c’est toi, belle de loin.
Sinuako tuo utuisuus? C’est toi?
Uusi utu outo, kaunis. Ce brouillard-là.
Sinuako? Cette brume nouvelle,
Tuo utuisuus uusi…! étrange, belle.
Utu outo, kaunis

Voici que nous avons une composition dont aussi bien la musique que les paroles sont palindromes.


jeudi 30 mars 2017

Finalité (Purpose)

On pose souvent la question: ”Quelle est la finalité, ou le but (ultime), de la vie?” La réponse à cette question, comme la réponse à la question concernant la finalité de n’importe quel object de la réalité, dépend du rôle ontologique du concept finalité. Dans l’ontologie PSSP, finalité est un des quatre attributs de tout object PSSP comme manifeste le premier P du sigle. Quand j’exposait mon ontologie PSSP à la communauté scientifique, le rôle central de finalité, même son inclusion parmi des concepts ontologiques, suscitait l’embarras. À l’époque, la pensée générale était que l’object dont l’existence est indépendante de l’homme, appelé object naturel, ne peut avoir que la structure et l’état (la fonction). Ainsi cette autre P (performance) était également vue obscure. 

Pour les artéfacts s’associant à la conception, la situation est différente. Normalement la spécification soit de la finalité soit de la performance de l’artéfact est le point de départ de conception. L’activité de conception, étant aussi l’object PSSP, a comme sa propre finalité la spécification d’une telle structure pour l’artéfact que la fonction de cet artéfact satisferait sa finalité. Le niveau de satisfaction sera manifesté par la performance de l’artéfact. S’il apparait que l’artéfact ne fonctionne pas comme il faudrait par les critères spécifiées sous sa finalité, c’est normalement la structure qui doit être révisée. Si on ne trouve pas de structure qui pourrait rendre la performance acceptable ou si aucune révision potentielle n’est justifiée par exemple pour des motifs économiques, il est encore possible de modifier la finalité de l’artéfact. Cette dernière est la procédure utile dans le recyclage et la gestion des déchets: l’artéfact qui n’est plus acceptable pour sa finalité d’origine peut continuer sa vie pour une nouvelle finalité qui lui donne une nouvelle identité.

L’ontologie PSSP est adéquate et ainsi holistique. Ça tient que la réalité est indivisible et que toute sa division n’est que le résultat des efforts de l’homme pour la rendre intelligible. Sur le plus haut niveau, la réalité est un unique object spatio-temporel qui représente tout ce qu’il y a. Il est composé de deux objects primitives qui sont inséparables, c’est à dire, qu’ils n’existent pas l’un sans l’autre et peuvent être compris comme deux projections d’une même chose. Les projections sont dans dimensions espace et temps. Je les ai nommé médium et événement. Les deux sont des objects PSSP. L’état de médium est la cause des changes dans l’état d’événement, et l’état d’événement est la cause des changes dans l’état de médium. Cette causalité réciproque ne disparaitra qu’au moment où la réalité est en stagnation totale. L’état où rien ne se passe signifie qu’il n’existe plus de cause pour ça: alors la distance spatiale dans le médium n’aurait plus d’importance, le temps serait disparu et la réalité serait en état semblable de celle-là qui prévalait avant le big bang.

Maintenant je veux retourner à la question concernant la finalité de l’object naturel. Si l’object naturel puisse se définir comme l’opposite de l’artéfact, peut-on définir l’artéfact? Si l’artéfact est le produit de conception, c’est seulement l’homme qui soit capable de le produire. En effet, c’est justement la définition qui se trouve dans TLFi, accompagné par ”Produit de l'art, de l’industrie” et une citation assurante: ”La distinction entre objets artificiels et objets naturels paraît à chacun de nous immédiate et sans ambiguïté. Rocher, montagne, fleuve ou nuage sont des objets naturels; un couteau, un mouchoir, une automobile, sont des objets artificiels, des artefacts.” Mais que peut-on dire des nids d’oiseaux ou des fourmilières? Sont-ils des objects naturels malgré l'homme n’a aucune difficulté de spécifier leur finalité. Et comment classifier le produit de l’art face à laquelle le public est complètement perplexe sans pouvoir de comprendre sa finalité. Est-ce que ce produit est plutôt un object naturel qu’un artéfact surtout si les ”experts” rassurent qu’on ne peut pas et ne doit pas essayer de le comprendre, et possiblement s’il est apparent que le processus de création n’était pas précédé par la phase de conception?

Si on proposait la division de la réalité en deux, aux objects naturels et aux artéfacts, la proposition se baserait sur l’exigence que touts les attributs en entités fondamentales de l’ontologie soient déterminables. Étant le plus évoluée et complexe espèce de la biosphère de la planète l’homme s’incline facilement à l’égoïsme. Il oublie que l’humanité n’est q’une fraction minuscule de la réalité si on prend en considération les dimensions spatiales et temporelles de la réalité. Surtout, telle division serait injustifiable dans le cas où la finalité de l’ontologie est de représenter la réalité en format unifiant. Cette finalité seule suffit pour maintenir la liste des quatre attributs. Alors, l’homme doit accepter le fait qu’il y a des objects dont quelques attributs lui restent indéterminables 

En effet n’importe quel object naturel est artéfact potentiel. La finalité d’un corps céleste peut être spécifié par l’homme tant qu’il fonctionnera en une base pour la sonde. La finalité d’un ver pour le merle est de fonctionner en son nourriture. C’est le merle qui a fait cette spécification par expérience et le rôle de l’homme qui l’observe n’est qu’être d’accord. L’homme a du mal à comprendre la finalité des moustiques mais la chauve-souris sait mieux. 

Et la finalité de l’homme même? L’homme est pure object naturel au moment de sa naissance. Il n’est pas une construction de ses parents. Sa formation vers un artéfact commence pourtant assez vite après ça. Il assume de divers finalités et identités au fil de sa vie, mais son identité en object naturel ne disparait pas. C’est justement cette dernière qui le fait de temps en temps demander après la finalité de sa vie. Voici la réponse générique: la finalité est que l'homme aurait la structure qui lui assurerait la capacité de fonctionner en interaction avec son environnement variant avec la performance maximale évalué par les critères qu’il assume. La même réponse est valide pour touts les objects.




lundi 27 mars 2017

Complexité

”La réalité est complexe.” Cette phrase a l’air d’une déclaration d’une trivialité dont il est facile, intuitivement et superficiellement, d’être d’accord. Mais elle peut représenter aussi le point de départ d’une révolution scientifique, le plus profond jamais, qui nous mène vers un nouveau paradigme de toute science et en conséquence vers une nouvelle vue du monde. Cette dernière est le scénario que je veux brièvement examiner. Que désigne-t-on par les termes réalité et complexe ici?

Commençons par la complexité. Complexe peut se confondre avec compliqué. Par exemple, le langage de spécialiste peut être compliqué aux profanes en sens d’être inintelligible. Le public peut trouver la musique contemporaine ou moderne trop compliqué pour en saisir son idée. Beaucoup de vieillards trouvent l’utilisation des moyens modernes de communication trop compliquée pour eux. Dans toutes ces phrases le terme compliqué exprime une impression subjective. Le terme complexité a été récemment choisi par des chercheurs pour désigner la propriété intrinsèque de la réalité indépendant de ce que l’homme en pense. Il sert ainsi de la démarcation entre la réalité et sa modèle formelle qui est incapable de capturer toutes ses propriétés. 

Attribuant le terme complexité à la réalité ne spécifie pas encore la signification des termes complexité et complexe. Pour la rendre explicite on est obligé de plonger dans les profondeurs de la réalité. J’utilise le terme réalité dans le sens ”tout ce qui est”, c’est à dire la totalité pour laquelle on utilise aussi des termes univers ou monde. Ainsi, tout ce que je vais dire concernant de la réalité est une prise de position ontologique et il s’agit alors, par nécessité, de l’ontologie adéquate opposée des ”ontologies” des domaines spécifiques. Il est important de comprendre que la réalité comprend aussi nos pensées en tant que produits de notre corps (embodied mind) quoiqu’ils demeurent en dedans du corps.

Ça fait presqu’une trentaine d’années que le terme ”science of complexity” apparaissait dans la littérature scientifique américaine. Ca peut être pris, si on veut, pour le premier signe de la volonté de poursuivre un nouveau paradigme, mais alors le contenu de ce terme n’était pas spécifié de façon précise. Un essai de le faire était publié dans l’editorial du numéro 38 de La Lettre Chemin Faisant en 2001. Selon ce qui était proposé, la science de la complexité ”ne peut caractériser une discipline scientifique parmi d’autres, et nulle discipline ne saurait s’en attribuer la propriété épistémique. L’intelligence de la complexité, les modes de représentations et d’interprétations pour action qu’elle appelle, concernent toute l’activité scientifique en des termes interdisciplinaires. Chaque discipline peut se les approprier, dès lors qu’elle le fait intelligiblement en un même langage substrat, et qu’elle explicite la légitimation épistémique des propositions qu’ainsi elle construit. Et elle concerne aussi toute activité humaine collective, qui ne peut jamais s'enfermer durablement dans une stricte division du travail (qui est aussi division des travailleurs), et qui ne peut s'exprimer qu'en termes d’interactions”. 

Si tout ça s’effectuait, nous serions dans la situation que je proposait en 2000 dans un article en deux parts intitulé ”Université doit former des généralistes”. Mes thèses principales dans cet article étaient que (1) le nouveau paradigme à venir sera par nécessité holistique, (2) il se basera sur l’ontologie adéquate et sa langue unifiée, et (3) la théorie centrale unifiante sera probablement celle de la conception. Une dizaine d’années avant j’avait mis en route le développement de l’ontologie PSSP. Sa langue unifiée donnait pour la première fois la possibilité de produire des modèles holistiques intégrant la connaissance des artéfacts et celle des activités de l’homme et de prendre le premier pas vers la théorie générique de conception. Mais tout avancement jusqu’ici au cadre de ”la science de complexité”, incluant le succès de la théorie de chaos, n’est que de petits pas à côté du défi total de la complexité de la réalité.

La réalité dans sa totalité est créative. Autrement dit, la réalité produit spontanément sans cesse de nouvelles structures et phénomènes qui sont imprévisibles. Cette émergence restrain sérieusement l’utilité de réductionnisme et déterminisme, mais au même temps, dans sa créativité, elle tente à ruiner la nécessité d’un créateur surnaturel imaginé dit le Dieu. La réalité n’est pas homogène. Ontologiquement la réalité est nécessairement modulaire et hiérarchique.

Il y a des niveaux où les idées de réductionnisme et déterminisme sont bien valides comme témoigne le succès des projets spatiales: l’envoi d’une sonde et sa pose avec précision au surface d’un corps céleste se base sur les lois de Newton. Tout ça, malgrè très compliqué, est pourtant déterministique et ainsi pas complexe. Au même temps la biosphère est continuellement l’objet de l’évolution. Elle est complexe en conséquence de l’émergence qui s’exerce via la variation et la sélection, surtout des protéines capables de se reproduire. 

La marche triomphale de la science newtonienne aveuglait la communauté scientifique tant que peu à peu la modèle simplifiée de la réalité devenait l’ontologie même. Au même temps le niveau de réalité ignoré, celui-ci où demeure la complexité, était longtemps laissé ouvert pour la mystification, une source d’inspiration bien exploitée dans les domaines de l’art et de la religion. Aujourd’hui la réduction anticipée de cette espace menace de faire le Dieu une espèce en voie de disparition. Le pionnier de la théorie de complexité, Stuart Kauffman, propose dans son livre ”Reinventing the Sacred”, 2008, la redéfinition des termes Dieu et Sacré. ”Dieu” faisant référence à une construction théorique inventé par l’homme et ”Sacré” à quelque chose de divine, c’est à dire, à ce qui vient de Dieu, ainsi aussi bien inventé par l’homme, pourraient été donné de nouvelles connotations surgissant de la créativité de réalité.

Mais quelles sont les chances de succès de l’homme en attaquant la complexité de réalité? Est-ce que c’est face à l’émergence quand l’homme est enfin obligé d’avouer son insuffisance? Kari Enqvist, physicien et cosmologiste, prend la position dédramatisante à l’égard de l’émergence en tant qu’obstacle infranchissable. Pour lui le terme ne signifie que l’insuffisance de la modèle formelle spécifique adoptée (”effective model”) qui s’élimine par la révision de la modèle. Francis Heylighen, cybernéticien, a publié la taxinomie des types d’émergence en 1991. Il argumente que pour décrire l’émergence on doit recourir à la métamodèle dont la fonction est de contrôler la transition d’une modèle à l’autre représentant des variations retenues.

L’homme, un composant de la biosphère, possède la capacité unique, ainsi distinctive, de changer la réalité de façon consciente. C’est à dire, il a la capacité de concevoir. La conception se base sur la raisonnement déductive et inductive, comme fait l’analyse, mais en particulier sur la raisonnement abductive qui avance à l’envers, de l’effet à la cause. L’abduction a la caractère d’une course d’orientation dans un terrain inconnu avec la carte qui n’a que les courbes de niveau mais aucune information concernant la biodiversité de la végétation. Pour l’orienteur chevronné, faisant confiance à son intuition et créativité, une telle course n’est qu’une experience passionnante: il réussi de trouver son trajet qui n’est pas théoriquement optimal mais pas loin de là. Concepteur est capable de prévisions cultivés.

Comment formellement intégrer l´homme et son environment, c’est la question fondamentale de la théorie générique de conception. Il y a une vingtaine d’années j’en résumait mes idées en la modèle que j’appelle la cercle de conception (design cycle). Simplement exprimé, c’est la modèle dynamique de la conception de n’importe quoi. Ainsi, c’est aussi la modèle pour concevoir la modèle de l’émergence. Ainsi dit, je conclure que l’apprivoisement de la complexité de réalité semble possible. Au même temps il est sage de s’apprêter à l’émergence des surprises.





mercredi 16 novembre 2016

Populisme

Dans son numéro récent, Hesari publie cinq opinions de lecteurs sur populisme, dont une poursuit la définition scientifique de ce terme. Cette entreprise, très bienvenue, est par Vesa Kanniainen, professeur émérite de l’économie politique. À partir du fait que dans la démocratie il y a toujours des intérêts divergents des individus, et des coalitions opposées basées sur les différences de ces intêrets, il fait référence à la théorème de Kenneth Arrow selon laquelle une critère unique pour la prise de décision politique dans la démocratie est impossible. Ainsi ces coalitions défendent leurs intérêts et luttent pour le pouvoir et c’est la majorité qui prend la dictature. Pour s’approcher de la définition scientifique de populisme il se pose la question pourquoi l’intérêt de la majorité est aujourd’hui ce qu’il est. À son avis la question peut être prononcer aussi: Pourquoi les gens sont-ils si sensibles au lavage de cerveau?

Kanniainen cherche la réponse à l’aide de l’hypothèse des mèmes, le concept introduit par Richard Dawkins. Pas une mal idée. Le concept de mème est utile même pour définir ce qui signifie la culture. Les mèmes sont des unités culturelles: des idées, des valeurs, des contes, etc. Ainsi ”la culture est une population des mèmes, qui incites les individus à parler ou à agir de façon à ce que d’autres individus enregistrent une version dupliquée de ces unités mentals” (Pascal Boyer). La façon dont répandent les mèmes ressemble celle de l’épidemie. On pourrait ainsi parler de l’épidémie culturelle ou mentale. Il y a des individus résistants et ceux qui vont être contaminés. Le mécanisme est pareil autant pour les mèmes politiques que les mèmes religieux. Pascal Boyer a utilisé l’expression ”parasite cognitive de l’homme”, qui caractérise bien la facilité dont un mème survie dans l’homme peu résistant. Comme manifeste la religion et maintes décisions facheuses dans la politique récente, la vérité a rien ou peu à voir avec le succès de la propagation de l’épidémie. Une fois contaminé par des mèmes trompeurs, l’individu renforce son attitude actuelle contre les faits.

Il semble qu’il nous faut accepter que dans la démocratie, c’est comme ça qu’évolue la culture. Nous avons le monde que nous méritons.

samedi 12 novembre 2016

Les objets fondamentaux

Aujourd’hui une décennie est passé depuis le premier, et jusq’uici le seul, texte en français que j’ai ecrit sur ce qui s’appelle PSSP ontology en anglais. Tout ce que j’en ai publié dans la littérature scientifique internationale est uniquement en anglais. J’ai produit cet essai français pendant mes études de français au Centre de lingues de l’Université de Helsinki à Otaniemi. Le texte se trouve ci-dessous dans sa forme originale.

Les objets fondamentaux

Dans l’ontologie formelle les termes utilisés doivent être strictement définis. S’agissant des entités les plus fondamentales, le choix doit être fait avec un soin particulier. Mieux vaut choisir un terme qui n’est pas trop chargé de significations étroites, quotidiennes ou vulgaires. 

J’ai utilisé le terme entité pour faire référence à tout ce qu’il y a. Les entités peuvent être d’une part des objets et des propriétés et d’autre part des universels ou des particuliers. Il y a donc des objets universels et particuliers et des propriétés universelles et particulières. J’ai utilisé pour les objets universels le terme type et pour les propriétés universelles le terme attribut. Tous ces termes correspondent à ceux qu’a utilisés Lowe en anglais. Les termes ‘type’ et ‘attribut’ permettent ainsi d’appliquer le terme ‘objet’ exclusivement aux objets particuliers et le terme 'propriété' uniquement aux propriétés particulières. 

Dans ce qui suit les termes objet et propriété auront donc ces significations exclusives.

Depuis l’antiquité il existe un dualisme métaphysique  entre l’ontologie de la substance et l’ontologie des événements. On considère soit la substance soit l’événement comme l’objet universel (type) fondamental. Cela veut dire que le monde est perçu soit comme un ensemble de substances particulières qui ont des propriétés, soit comme un ensemble d’événements particuliers qui ont des propriétés. Chaque point de vue a eu ses défenseurs.

Mais ‘substance’ et ‘événement’ ne devraient-ils pas plutôt être considérés comme deux projections d’un seul objet composé: un objet qui manifeste son existence aussi bien comme ‘substance’ que comme ‘événement‘? On arriverait alors à une ontologie qui accepterait la ‘substance’ et l’‘événement’  comme les deux objets fondamentaux qui forment le monde, mais qui ne peuvent pas exister indépendamment. Un événement ne peut avoir lieu que dans le cadre d’une substance et il ne peut y avoir de substance que s’il y a un événement.

Substance et événement, étant des objets, chacun ont quatre attributs génériques: la finalité, la structure, l’état et la performance. Ces deux objets fondamentaux sont aussi des objets primitifs. Être un objet primitif signifie que la structure de la substance ne peut contenir que des substances, et la structure de l’événement que des événements, comme leurs parts structurelles. Autrement dit, une substance peut toujours se désagréger dans un ensemble de substances (sous-substances) interliées par des relations spatiales, et un événement peut toujours se désagréger dans un ensemble d’événements (sous-événements) interliées par des relations temporelles

La substance et l’événement sont les parts structurelles de l’objet composé que je n’ai pas encore nommé. J’ai utilisé le terme ‘event-medium composite’ en anglais mais pour ce moment je n’ai rien à proposer pour le terme francais. Appelons-le X (qui n’est pas très vulgaire).(  ?) 

La relation entre les parts structurelles, la substance et l’événement, est causale. La relation causale est entre la cause et l’effet. La cause de la production d’un événement réside dans la substance, plus spécifiquement dans son état. Comme la substance n’est pas temporelle (par définition), son état est statique. L’état d’une substance à un moment donné n’est pas nécessairement ce qu’il doit être. Peut-être y a-t-il dans la substance une déviation de son état désirée. C’est cette déviation qui est la cause de la production d’un événement. Mais pourquoi y a-il cette déviation? Qu’est-ce qui a perturbé la substance? C’est l’événement, et la perturbation est un effet de cet événement. Alors, la cause et l’effet de l’événement se manifestent dans l’état de la substance comme une déviation de l’état désiré, comme une perturbation.

Les événements sont des objets intangibles que l’homme ne peut pas percevoir directement mais seulement en observant (si on le peut) l’état de la substance, la déviation de l’état désiré et le changement de l’état en fonction de temps. Dans les situations extrêmement simples, la relation causale peut être raisonnée à partir de ces observations.

Quel est l’état désiré d’une substance? Pour répondre à cette question, il faut d’abord définir ce qu’est la substance ou en donner quelques exemples. La manière la plus simple est de la définir comme un objet qui est la condition d’existence des événements. Par exemple, la matière doit exister pour qu’il existe des phénomènes physiques et chimiques. Ou, il n’y aurait pas de pensées s’il n’y avait pas d’esprit. L’état désiré de la matière continue est son équilibre thermodynamique ou, autrement dit, l’état où son degré de desordre (entropie) est le maximum. La matière tendant vers cet état donne aux phénomènes l’objectif à atteindre. L’état désiré de l’esprit n’est pas dicté par les lois déterministes de la nature mais par la personne grâce à sa volonté influencée par son environnement. Aussi les activités pour atteindre cet état, sont-elles, au moins partiellement, choisies par la personne.

La substance et l’événement, en tant qu’objets primitifs, peuvent exister comme des agrégats de sous-substances et de sous-événements. Dans une substance il peut se propager plusieur sous-événements en même temps. Ces sous-événements sont indépendants au sens qu’ils progressent obéissant, chacun, à leur propre loi causale mais ils sont fortement interliés via la substance. C’est parce la cause et l’effet de chaque sous-événement se manifestent dans l’état de la substance. On peut dire que les sous-événements communiquent via la substance. 

Considérons une substance hétérogène dont les sous-substances ont des états indépendants. On peut considérer, par exemple, l’esprit collectif de deux ou plusieurs personnes comme une substance agrégée d’esprits individuels. L’état de cette substance est modelé par des échanges d’idées. On peut dire que les sous-substances (esprits individuels) communiquent via l’événement qui est l’échange des idées, par exemple en discutant. Comme autre exemple on peut considérer une matière hétérogène: un mélange de chlorure de sodium cristallin et d’eau. Les deux sous-matières communiquent via un phénomène agrégé (la cristallisation, la dissolution et quelques autres). Le phénomène modèle l’état de la matière en la conduisant vers l’équilibre thermodynamique, la saturation.

Normalement, quand on pense aux substances et événements ou quand on en donne des exemples, on oublie ou ignore (comme en haut) qu’il s’agit d’objets qui, par définition, n’ont pas de limites, ni spatiales ni temporelles. S’il y en avait, cette limite serait un objet quelconque. Alors la substance et l’événement s’étendent dans toutes les dimensions, spatiales ou temporelles, sans limite. Ce point de vue est conforme aux postulats d’Einstein qui présentent l’espace et le temps comme homogènes. Être homogène ne veut pas dire présenter un état également distribué. Les différences spatiales dans l’état de la substance donnent naissance aux sous-événements dans la substance qui peuvent se propager localement ou régionalement. Ces régions peuvent être définies comme des sous-substances. Il y aura alors des sous-substances qui communiquent avec elles-mêmes via des sous-événements locaux, et des sous-substances qui communiquent l’une avec l’autre via des sous-événements partagés. 

On accepte les limites de la substance pour une raison pratique. Les sous-substances sont souvent tellement locales qu’on peut les percevoir comme ayant des frontières. Pour simplifier on peut définir que la sous-substance n’existe que dans l’espace limité et non au-delà de la frontière. Les événements locaux se propagent dans cette espace. La frontière, pourtant, doit être perméable parce qu’en réalité la substance est continue. Par cette simplification le déplacement de la substance peut être remplacé par la communication des sous-substances aux divers côtés de la frontière. La communication se fait via le phénomène de transport partagé par des sous-substances. La cause de ce transport est la différence entre l’état d’une sous-substance et l’état d’une autre. 

On doit remarquer que l’expression "matière hétérogène" est aussi une simplification. Par exemple, entre le cristal de chlorure de sodium et l’eau, même en état de saturation, il y a une zone où, par des bombardements incessants des molécules de deux espèces, le liquide continue à se transformer en solide et le solide en liquide. Il n’y a pas de discontinuité en traversant l’interface. Quand deux personnes échangent leurs idées, disons en parlant, l’hétérogénéité semble établie. Mais le transport des idées ne passe pas directement d’un système neural à l’autre mais au travers d’un espace partagé, où le transport avance en ondes soniques (les paroles) et électromagnétiques (les gestes).

L’existence d’une frontière entourant la substance est donc bien justifiée. Il n’y a aucun sens à argumenter, par exemple, qu’un oiseau, un arbre, un homme ou un stylo particulier n’aurait pas d’identité comme substance entourée d’une frontière le distinguant du reste du monde. En acceptant la frontière, on accepte à la fois l’interaction (le transport au-delà de la frontière) et aussi le reste de la réalité située au-delà de la frontière, comme les objets fondamentaux. Quels types d’objet sont les objets ainsi introduits  ?

La frontière divise le monde en deux sous-objets de type X, c’est à dire, d’objets composés de substance et d’événement. Cette division est complètement symétrique. C’est seulement du point de vue d’un observateur que l’un de ces sous-objets peut être nommé intérieur et l’autre extérieur. En particulier, la division en ‘sujet’ - objet’ et ‘agent – patient’ est inventée par l’homme. Un cristal de NaCl dans l’eau constitue un système où le cristal est entouré par l’interface entre ces deux phases  ????. L’homme est tenté de regarder le cristal comme l’intérieur et l’eau comme l’extérieur. En plus, si la personne est en train d’examiner l’attaque dissolvante de l’eau sur le cristal, elle peut regarder l’eau comme le sujet agissant sur le cristal. Du point de vue du système et de l’interaction des substances ces rôles sont superflus et artificielles. 

C’est seulement pour servir à la description de la réalité par l’homme de différents points de vue que j’ai nommé ces deux sous-objets intérieur et extérieur. Ce sont des objets du type X. Le transport au-delà de leurs frontières est du type ‘événement’. Mais ces événements se produisent dans une substance. La frontière, qui en réalité est une zone, ou un espace, séparant l’interieur de l’extérieur, est un objet de type substance. Alors, ces deux objets, la frontière et le transport, forment ensemble le troisième objet composé de type X. Je l’ai nommé interaction.

Tous les objets du type X peuvent se désagréger en sous-objets de type X, qui, chacun, peuvent encore se désagréger en sous-objets de type X, etc. infiniment en formant une hiérarchie. Les sous-objets de même niveau dans la hiérarchie communiquent via les sous-substances et sous-événements qui leur sont communs. 

Considérons maintenant le monde selon ces trois objets fondamentaux de type X. Les objets primitifs sont tous du type X, parce que les substances et les événements ne peuvent pas exister indépendamment. Cela veut dire qu’aussi le monde entier est un objet de type X composé de substance et d’événement. En constatant cela, on ne dit rien de la frontière qui entourerait la substance. S’il y en avait une, il y aurait "quelque chose" (comme "un autre monde") au-delà de la frontière avec laquelle la substance communiquerait, mais une telle spéculation n’est pas nécessaire. 

La descente dans la hiérarchie ontologique de l’échelle cosmique vers les domaines plus courants se passe plus facilement en choisissant la substance et l’événement qui sont dans l’intérêt  ???? et en  définissant l’objet composé ainsi formé comme l’intérieur. L’extérieur est alors auomatiquement le reste du monde, mais le plus souvent, du point de vue de l’interaction, seulement quelques sous-substances de l’extérieur sont importantes. On arrive alors à un objet agrégé de trois sous-objets qui sont des objets composés déjà définis  : l’intérieur, l’extérieur et l’interaction. J’ai nommé cet objet agrégé processus

Je répète que le processus, par définition, est un objet agrégé de trois objets: l’intérieur, l’extérieur et l’interaction, qui chacun sont des objets composés de substance et d’événement. Quand on identifie une frontière, il s’agit toujours d’un processus. En effet, les objets particuliers mentionnés ci-dessus: un oiseau, un arbre, un homme, un stylo, sont tous des processus considérés selon une perspective holistique. Dû à la symétrie, les rôles de l’intérieur et de l’extérieur sont interchangeables. L’intérieur, comme l’extérieur, d’un processus peut se désagréger et se regrouper pour former des sous-processus.

Le ‘processus’ est un objet actif transportant de la substance (matière, énergie, information) à travers la frontière de l’interieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur. S’il n’y a pas de transport mais seulement le potentiel de celui-ci, je propose que l’objet soit appelé produit. Un produit devient un processus quand l’interaction est activée. L’activation a lieu, quand un produit est utilisé par quelqu’un. Le stylo est un exemple de produit.

En résumé, le monde expliqué en termes de processus et de produits est peut-être le modèle le plus utile pour l’homme dans tous les domaines. 

mercredi 5 octobre 2016

Germe du ”parent hélicoptère”

Comment utilise l’enfant son portable? Voici un sommaire basé sur des observations personnelles d’un père.

”Pourquoi un enfant n’appelle-t-il jamais son père?”, se demande une mère après le trentième appel de son enfant ce jour-là. Déjà-écouté? Les enfants sont fournis de portable en age de plus en plus jeune pour des secours variés. Et le parent obtient justement ce qu’il a commandé: la facilitation de l’accessibilité abaisse le seuil de demander de l‘aide au niveau insignifiant. Le germe du ”parent hélicoptère”, conscient ou inconscient, réside dans le portable.

L’enfant appelle sa mère le plus souvent dans les cas suivants: quelque chose est allée de travers, quelque chose allait bien, on se sent mal, il y avait des problèmes à l’école, qu’y a-t-il pour manger, on n’arrive pas à trouver ses vêtements, peu-t-on jouer, est-ce qu’on puisse regarder la télé, y a-til des devoirs, puis-je aller voir des camarades, qu’est ce qu’il sent ici, que vient de télé, le chat a disparu, est-ce que je suis obligé, quel est le temps qu’il fait, la soeur ou le frère embête, tu arrive quand, je m’ennuie, que fairais-je, qui va m’emmener à l’entrainement, puis-je prendre de bisquit, il y a un trou dans la chaussette, au coin se trouve une araignée, et pour rien de spécifique.

L’enfant appelle son père dans deux cas: 1) la mère n’a pas répondu, 2) la mère n’a pas donné la permission. Il n’est pas rare que l’enfant appelle sa mère pour demander où est papa. Autrement dit: sans essayer d’appeler le père même.

Lorsque l’enfant considère sa mère comme le point d’info et thérapie de la vie, la phase sera probablement atteinte où le père commence à s’échauffer. Il y a des limites aussi pour les standardistes! Mais comment est-ce pourquoi les enfants préfèrent appeler la mère à appeler au père? La raison est simple: l’entretien de soins est guaranti et le service est mieux. La mère offre par un seul appel un paquet d’ensemble qui constitue de l’examination préliminaire, les soins, l’empathie, l’analyse des causes, le suivi, et les conseils pour l’avenir.

La force des pères est dans l’improvisation rapide. Dans le cas où l’enfant est tombé et à conséquence a une petite contusion au genou, la mère le calme, donne les premiers soins à distance, prend rendez-vous chez un médecin et va sur le site ou y envoit quelqu’un d’autre. Le père conseille l’enfant de mettre une pièce de papier-cache adhésif sur la blessure. 

Le texte ci-dessus est basé sur les pensées du rédacteur de Hesari, Ari Kinnari, publié il y a quelques jours. Il conclut que pour l’enfant une combinaison de l’aide ”cles en main” et les conseils créatifs soit probablement la solution optimale. Mais pourtant. Cette situation où le rumba de portable s’accumule seulement à l’un des parents, est-elle la faute du père? On doit appeler maman...

dimanche 3 avril 2016

Islam pour des mineurs

Depuis 2003 on ne donne pas d’enseignement confessionnel de la religion en Finlande. On donne de l’enseignement de l’islam aux écoliers qui (dont les parents) sont islamiques. Pour cette finalité la Direction générale de l’enseignement a fait éditer une série de manuels ”Salam - islamin polku” (le sentier de l’islam), dont le troisième volume vient d’être publié. Ce volume, et au même temps l’enseignement de l’islam en général en Finlande, est critiqué dans Kanava 2/2016 par Timo Saloviita, professeur de la pédagogie. Il constate qu’il est vrai que l’islam est devenu un culte dont l’intérprétation est sous le débat continu. L’enseignement de l’islam dans le pays où luthéranisme est l’Église d’État ne peut pas se dérouler sans tension. Les deux sont des religions des missions d’une seule vérité, et ensemble, peut-on atteindre, vont mal sous le même toit.

Le troisième volume a été ecrit par quatre femmes. Leurs noms de famille sont tous composés de deux parts dont l’une est finnoise et l’autre semble arabique. L’article informe qu’au moins deux d’elles sont islamiques convertis de la chrétienté. Ont-elles réussi de composer un manuel qui soit satisfaisant pour tous? Est-ce que le manuel se conforme à la neutralité exigée par le programme? Est-ce qu’il correspond au faits? Comment y est-il traité la relation entre l’islam et le monde des valeurs de l’ouest?

Au début, aussi bien l’enseignement que le premier volume du manuel, étaient fortement confessionnels. Les enseignants manquaient les qualifications nécessaires et les leçons pouvaient commencer en jurant par Allah, comme il est décrit dans quelques mémoires universitaires. C’est justement pourquoi il est important qu’au moins les manuels soient neutrals. Mais on a calculé que dans le premier volume de Salam on utilisait 193 fois l’expression ”nous” en parlant des musulmans (”Allah est notre Dieux”), on offraient 219 fois des doctrines islamiques (”Allah a cré tout”) et donnait des préceptes basés sur l’islam (”Il nous faudrait suivre son exemple”). Selon Saloviita, ces phénomènes se répétent même dans le volume récent.

La seconde question concerne les faits. Est-ce qu’on apprécie les faits scientifiques en enseignant de l’islam aux écoliers? Selon Saloviita, la relation entre l’islam et la science est bloquée! La reconnaissance en islam de son propre histoire est basée sur des récits médiévals, les mêmes récits qu'aussi les rechercheurs de l’ouest ont pris pour la vérité. C’est de cette façon qu'est née le récit bien connu sur le prophète Mahomet qui a agi à la Mecque et reçu ses visions quelquefois entre 610 et 632. La recherche scientifique de l’islam commençait en Europe à la 19ème siècle et a produit de nouvelles interprétations qui sont sous la discussion contemporaine. Par exemple le nom Mahomet n’existe dans les textes que depuis le début de 9ème siècle. Le deuxième volume de Salam dépasse complètement ces examens-ci, bienque le programme exigerait leur traitement.

La collision de l’islam est les valeurs occidentales est inévitable. On est ainsi forcé de trouver des solutions supportables dans les sociétés multiculturelles. On fait beaucoup d’efforts à l’ouest pour construire des versions d’islam idéalisés et ainsi faciliter l’integration culturelle. En résultat, dépassant par exemple le jihadisme et la soumission des femmes, on peut atteindre l’acceptation, mais pas celle de l’islam mais celle de sa version propagandiste. Le troisième volume de Salam suit ces même traces. Mahomet a ète converti au papa gâteau qui aide ses nombreuses femmes dans les devoirs doméstiques. Rien sur des crimes de sang rapportées au récits. Mais qu’est-ce qui se passera alors que l’enfant rencontre l’islam réel qui ne correspond pas celui qu’il a appri à l’école?

Saloviita se demande si c’est raisonnable d’enseigner des religions séparément - ou si c’est raisonnable d’enseigner des religions du tout. Le système présent est sous la critique augmentante.